En août, une commune littorale peut multiplier sa population par cinq. En février, la même rue rend un autre son : les volets fermés y sont majoritaires, la boulangerie garde des horaires d'hiver, la plage appartient aux marcheurs et aux chiens.
Ce contraste n'est pas un défaut de l'endroit. C'est sa structure. Le comprendre, c'est arrêter de vivre onze mois dans l'attente de deux.
Le calendrier réel de l'île
Le printemps est la meilleure saison et personne ne s'en vante : le maquis en fleurs, l'eau encore fraîche, les sentiers praticables, les tables disponibles. L'automne joue le même rôle avec la mer la plus chaude de l'année et la lumière basse.
L'hiver n'est pas mort : il est domestique. C'est la saison des repas longs, des chantiers de maison, de la charcuterie, des matchs, des veillées et des cols enneigés à une heure de la mer.
- Avril–juin : randonnée, villages, ouvertures de saison, prix bas.
- Juillet–août : affluence maximale, réserver tout, préférer les heures creuses.
- Septembre–octobre : la mer la plus chaude, le calme revenu.
- Novembre–mars : vie de village, montagne, travaux, cuisine d'hiver.
L'art de vivre, concrètement
Il tient à trois choses : la proximité immédiate de milieux très différents — mer, plaine, montagne dans la même journée —, une alimentation encore largement locale, et une organisation sociale où l'on connaît le nom de ceux qui vous servent.
En contrepartie, tout ce qui vient du continent coûte plus cher et arrive plus lentement. La bonne nouvelle est que la liste des choses dont on a besoin se raccourcit d'elle-même.
